Un weekend de cuisine


J’adore cuisiner. De bons petits plats, des trucs variés, mais surtout des gâteries, comme des biscuits ou des muffins.

Nous essayons aussi d’éviter les repas tout faits de l’épicerie, mes parents et moi, autant pour mieux manger (pas nécessairement “plus santé” mais au moins savoir ce qui entre dans la composition des plats!) que pour économiser. Et parlant d’économiser, nous achetons les produits de base en grosses quantités, et quand je cuisine, c’est aussi en grosses quantités. Nous avons deux congélateurs et deux frigos (le mien et celui de mes parents) et on en profite!
…mes amis et les membres de ma famille en profitent aussi souvent! 😉

Une autre raison pour laquelle je cuisine en grosses quantités est que je cuisine quand je me sens bien… et quand je ne vais pas bien, je ne sens pas que je suis un fardeau : ma participation aux repas est toute prête, dans les congélateurs. C’est aussi super de pouvoir revenir d’une journée plus active et, au moment où je n’ai plus une once d’énergie, d’avoir quand même la possibilité d’un bon repas maison facile à préparer!

Ma relative bonne santé des dernières semaines étant encore là, et prévoyant un crash de SED au retour du voyage à Disney, j’ai décidé de cuisiner ce weekend.
Voici de quoi ça a eu l’air :

  • Vendredi, je demande à mon père s’il accepte de m’aider dans mes recettes le lendemain et je vérifie que j’ai tous les ingrédients (les recettes en question étaient prévues depuis quelques jours déjà).
  • Samedi matin, au programme: méga sauce spaghetti, beignes au blé d’inde, beignes aux pommes et compote de pommes.
  • Je vais réveiller mon père. Pendant qu’il déjeûne je sors les bols, ustensiles, casseroles dont je vais avoir besoin ainsi que les ingrédients dont je me souviens de mémoire pour toutes les recettes. Je place le laptop sur la table pour avoir les recettes à portée de main.
  • …et je m’assois parce que je suis étourdie. J’ouvre un Gatorade. Je me dis que, de toute façon, il faut que je me ménage et prenne des pauses. Je suis enthousiaste.
  • Mon père fait le gros du travail : il épluche et tranche les oignons et l’ail, parce que c’est trop douloureux pour moi avec mon poignet droit (où j’ai des ligaments déchirés) et mes doigts de la main gauche. Je commence à ouvrir les boîtes de tomates. Il termine avant moi et vient finir à ma place, en faisant remarquer que sinon je vais terminer la journée en ne pouvant plus utiliser mon poignet. Ça me dérange, mais il a raison alors je lui laisse ma place.
  • Pendant qu’il entame la cuisson de la sauce, je commence la recette de beignes au blé d’inde, une vieille recette de la famille. Malgré tout, je dois consulter et re-consulter la recette. Je ne compte plus les allers-retours à la table. Je vais lire l’ingrédient suivant : “1 cuillerée à thé de sel”. Je vais chercher le sel, puis ouvre le tiroir où sont les cuillers à mesurer… zut, quelle quantité déjà? Je retourner voir la recette…
  • Une fois le mélange de beignes au blé d’inde terminée, je n’en peux plus. Je dois aller m’assoir dans le fauteuil inclinable de ma mère avec mon Gatorade. Mon père en profite pour lire son journal et enfin boire son café, pendant que la viande de la sauce spaghetti cuit. Je vais finalement lui dire quels assaisonnements je veux, car je ne me sens pas assez bien pour m’en occuper moi-même (il est bien assez capable de la faire seule, aussi). 🙂
  • Quand je me sens enfin assez solide sur mes pieds, on commence à éplucher les pommes. Ma mère et moi ayant été cueillir des pommes nous-mêmes, nous avons un gros sac presque plein (on en a quand même mangé quelques-unes!). J’utilise un outil Starfrit qui me permet de piquer la pomme, tourner une manivelle et TADAM! j’ai une pomme pelée en 10 secondes et peu d’efforts. C’est alors que mon père prend la pomme, l’autre truc Starfrit qui enlève le coeur et coupe la pomme en quartiers. Mais un outil que je ne peux plus utiliser, car il faut forcer pas mal fort pour couper la pomme… à oublier avec mes poignets (les 2!) et probablement l’épaule encore fragile aussi. Ça nous a fait une montagne de pommes! 🙂 On a mis ça à feu doux… et je suis retournée me reposer, les jambes surélevée avec mon Gatorade.

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  • Environ 30min plus tard, on a lancé la cuisson des beignes. En fait… je me suis assise sur le tabouret et j’ai été le support moral de mon père qui faisait tout le travail. Mon gros effort a été de trouver les plats pour ranger les beignes… et malgré tout, j’ai eu des chaleurs et un moment de flottement, la pré-syncope approchait, j’ai dû prendre encore une pause.
  • Vous me voyez venir : les beignes aux pommes furent remis à aujourd’hui!
  • Mon père a aidé ma mère à tout nettoyer les plats et ustensiles, à tout ranger (sauf ce dont on aurait besoin aujourd’hui), pendant que j’allais me reposer.
  • Quelques heures plus tard, ma mère et moi avons rangé la sauce et la compote prêtes.
  • J’étais si épuisée que je pouvais à peine bouger, et j’avais un bon mal de tête. Mais j’étais très satisfaite du résultat, et très reconnaissante envers mon père, sans qui je n’y serais pas arrivée!
  • Ce matin, au programme: Les beignes aux pommes et des muffins pommes-canneberges.
  • Encore une fois, au prix de multiples allers-retours inutiles entre le laptop et les armoires, en raison de ma mauvaise concentration, je réunis les ingrédients pour les beignes.
  • Je dois m’assoir, prise d’étourdissements et de faiblesse. Heureusement, j’avais prévu du Gatorade tout près.
  • Je termine la pâte des beignes.
  • Je dois m’assoir. Ça tourne, je suis faible, mes yeux se ferment… faiblesse et fatigue, mauvais combo! Je me dis que je n’y arriverai pas… je ne pourrai jamais faire les muffins! Je décide de mettre une alarme et d’attendre plus de 20min avant de me relever du fauteuil inclinable.
  • Quand je me relève, je me sens beaucoup mieux. Je commence la pâte des muffins… mélange les ingrédients secs.
  • Je dois m’assoir. Je m’encourage en me disant qu’il n’est que 14h, que même en prenant encore beaucoup de pauses comme ça, je devrais y arriver!
  • Mon père commence la cuisson des beignes pendant que, finalement, je peux compléter la pâte des muffins… mais il doit brasser à ma place à la fin… je me sers habituellement de mon mélangeur KitchenAid (alleluia!!! Mon petit lutin de cuisine!) mais ayant quadruplé la recette, c’est un peu trop gros… et brasser un mélange si épais est trop difficile avec (qui le sait? qui le sait?) mon poignet.
  • Tant qu’à y être, c’est aussi lui qui remplit les moules avec la pâte… et on enfourne enfin. Je me repose jusqu’à ce qu’ils soient cuits.

À bien y regarder, j’ai personnellement fait bien peu! J’ai préparé, j’ai orchestré… mais fourni bien peu d’efforts physiques. Et pourtant, je suis complètement épuisée. Je n’ai réussi à rien faire d’autre de ma journée. Je suis claquée. …et je paie le prix de toute cette activité, avec en plus de la fatigue une méga crise d’arthrose.
Mais je suis bien contente d’avoir dans les congélateurs : 8 litres de sauce spaghetti, 3.5 litres de compote de pomme, une soixantaine de beignes au blé d’inde, une vingtaine de beignes aux pommes et une trentaine de muffins aux pommes. 🙂
Avec ça, ce sont quelques desserts, beaucoup de déjeûners et plusieurs soupers d’assurés! (et quelques amis bien contents!) 😉

J’aurais aimé mieux rendre la difficulté de cuisiner avec le syndrome d’Ehlers-Danlos
Il ne faut pas oublier que c’était un très bon weekend, côté santé et énergie! C’est évident que bien souvent… la majorité du temps, malheureusement, ma mère prépare les repas sans même que j’aie la capacité de l’aider. C’est pourquoi quand je suis capable je saute sur l’occasion.

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