Quand la solution est le problème… 3


Aujourd’hui mon ligament d’index étiré (ou micro-déchiré post-hyperextension… je sais plus, who cares, ça change rien) m’inspire cet article…
Parce que pour soulager la blessure, me donner un espoir d’avoir moins mal éventuellement, de pouvoir utiliser mon index plus normalement, je dois, idéalement, l’immobiliser.

J’ai une toute nouvelle bébelle, la dernière orthèse/attelle de ma longue série (je devrais prendre une photo de tout ça…), pour y arriver.

Syndrome d'Ehlers-Danlos - Attelle de doigt "baseball"

Syndrome d’Ehlers-Danlos – Attelle de doigt “baseball”

Ça s’appelle une attelle “baseball”… j’imagine parce que la blessure se produit souvent en jouant au baseball… j’imagine très bien l’hyperextension se produire en recevant la balle! Celle qu’on voit sur la photo est trop grande pour moi… ma mère m’a acheté, à ma demande, le format “grand”… qui est plutôt pour un homme avec de grandes mains… j’ai recourbé le bout, mais malgré tout, c’est pas idéal. Dieu merci c’est un des rares trucs pas trop cher, à 4,50$, alors je m’en suis acheté un “medium” il y a quelques jours. Super timing, parce que depuis 2 jours j’en ai “re-besoin”.

Le problème… c’est que, comme vous commencez à le comprendre, c’est qu’avec le syndrome d’Ehlers-Danlos, y a pas qu’une seule articulation qui va mal avec moi… et ce ne sont pas QUE les articulations qui vont mal.
Ça veut dire que même un truc aussi mineur (pourtant déjà suffisamment désagréable), qu’une attelle à l’index gauche… ne s’arrête pas là.

Sur le coup, c’est merveilleux! L’immobilisation soulage la douleur, et je vois la lumière au bout du tunnel.
Puis, après quelques heures, je commence à voir l’autre côté de la médaille.

  • ma peau hyper-fragile fait des siennes: j’ai un début d’ampoule sur le côté du majeur, puisque l’attelle frotte dessus continuellement et quelques heures de plus et j’ai la peau très marquée, et un bleu, là où il y a comme un anneau pour la maintenir en place.
  • je développe rapidement des douleurs aux autres doigts de la main gauche et au pouce, à force de les utiliser plus que d’habitude, et de façons inhabituelles (et non-recommandées), puisque j’ai l’index immobilisé dans une drôle de position…
  • je passe proche de me blesser aux deux poignets, en essayant d’effectuer les actions les plus normales, comme tourner une poignée, déplacer une assiette pleine et un verre de lait, verser un verre d’eau…

Bien vite, je dois faire des choix. Par exemple, est-ce que j’essaie de taper à l’ordinateur avec le majeur, ou si j’enlève l’attelle le temps de taper? Ou si je laisse tomber cette activité?
Dans ce cas-ci, j’ai opté pour enlever l’attelle le temps de l’activité. Parce que c’est une blessure mineure, répétitive, et que j’ai bien assez souvent des blessures qui me limitent. Que, déjà, je suis alitée à cause de ma bronchite.

Je vais sûrement revenir sur le sujet, mais souvent, on doit faire des choix dans ma condition. Souvent ces choix demandent qu’on soit responsable, et qu’on ne prenne pas nécessairement la décision qui nous plaît. Mais parfois, aussi, on décide d’y aller avec le juste milieu, ou de se faire un peu plaisir.

Je vais terminer avec un bon exemple de la blessure qui en attire une autre… Il y a quelques années (pâques 2009) je me suis déboîté l’épaule droite et déchiré un ligament dans le processus. J’ai dû l’immobiliser pendant quelques semaines en utilisant une écharpe. En ayant le bras en écharpe, mon poignet droit était dans un drôle d’angle… ce qui n’aurait déjà pas été idéal devenait franchement pénible avec les ligaments déjà déchirés dans ce poignet-là… après quelques jours, j’ai donc dû commencer à porter l’orthèse de poignet…
Mais avec tout ça, ne pouvant pas utiliser mon bras droit… je sur-utilisais (on dit aussi favoriser, donc je favorisais) mon bras gauche… Alors en moins d’une semaine, j’ai dû aller m’acheter une orthèse pour poignet GAUCHE!

Ça donnait ça:

Syndrome d’Ehlers-Danlos - Duo d'orthèses

Syndrome d’Ehlers-Danlos – Duo d’orthèses

Une très grande mobilité, comme on peut voir. Très sympa, très agréable.
Et évidemment, faut pas oublier la douleur! De bons souvenirs… 😉

C’est ce genre d’effet domino qui fait que je suis quasiment rendue paranoïaque de me fouler une cheville (ou autre blessure à un membre inférieur). J’ai plusieurs ligaments de déchirés à la cheville gauche, je me suis fait des entorses aux deux chevilles à de multiples reprises, j’ai le ligament croisé antérieur de déchiré au genou droit… mais, dieu merci, et je m’en croise les doigts en touchant du bois, ça fait des années que je n’ai pas eu de blessure sérieuse nécessitant une immobilisation. Et je veux que ça continue… parce que, contrairement aux fois précédentes, je ne pourrais pas utiliser de béquilles. Parce que mes poignets et mes épaules ne peuvent plus me supporter. Déjà, les rares fois où j’ai besoin de ma canne… je ne peux pas vraiment m’y appuyer, et je dois l’abandonner rapidement!

Alors, on imagine la situation: si je ne peux pas mettre mon poids sur ma cheville, par exemple. Je ne peux pas prendre de béquilles parce que je ne peux pas utiliser de béquilles (sauf, si tout va bien, pour faire quelques pas, entre mon sofa et la salle de bains, mettons… encore là… même pas sûr!). Le reste du temps, je serais confinée à ma chaise roulante (oui oui, j’en ai une, bien à moi!). Chaise roulante qui n’a pas de grosses roues, qui est une chaise que je ne peux pas déplacer moi-même… parce que, encore une fois, mes épaules, mes poignets, n’en ont pas la force… et que JE, moi-même, n’en ai pas la force.

J’ai cette chaise pour les fois où je dois sortir mais ne peux pas marcher… quand on est trop faible pour marcher, on n’a pas l’énergie de se faire rouler non plus! Encore moins! C’est très difficile de se déplacer en chaise roulante.

Bref… plus les années passent, plus les blessures s’accumulent (plus les ligaments se déchirent, moins les articulations sont stables) et plus les blessures et leur stabilisation se compliquent… Vive le syndrome d’Ehlers-Danlos…

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3 thoughts on “Quand la solution est le problème…

  • Julie F.

    Bonjour, je me permet ici de souligner (au cas où tu ne connaissais pas le terme), une chaise roulante ”sans grosse roue” et que l’on ne peut faire avancer sois-même, s’appelle une chaise de transport. Je le sais car un intervenant est venue chez moi à ma dernière poussée de SPA pour faire l’évaluation de mes besoins pour l’achat éventuel d’un fauteuil 🙂

    • Dan

      Haha! Oui je savais… j’aurais effectivement dû mettre le bon terme en plus de l’expression commune… je me disais juste que ce serait plus clair comme ça… “fauteuil de transport”, pour quelqu’un qui n’y a jamais eu affaire de près, ça veut rien dire…
      D’ailleurs, désolée d’apprendre que tu en auras éventuellement besoin… c’est toujours un gros choc. Mais en même temps, c’est un gros soulagement. Quand on a si mal, permettre les déplacements, c’est libérateur. Autant pour nous que pour l’entourage. Plus facile pour eux de nous rouler que de nous traîner! Mais le choc, il est aussi pour eux. Tiens, ça me fait penser que je devrais en faire un article… je prends ça en note. 😉